comment 0

INVENTAIRE #3

I’ll make room for you

sous mon nuage lourd et encrassé
il y a une dernière goutte de silence
tu peux la prendre entre deux doigts
Du bist mein Raum
Wir schwimmen in unsere Salzlake

comment 0

WETTERBERICHT #8

Fenêtre sur course

une petite lucarne ouverte ce matin sur la pluie
Et la pluie sent la terre mouillée
Il fait moche
mais la nuit arrête enfin de s’agiter
Le vent réplique seul
il oublie d’imperméabiliser ses chaussures
Comme tous ceux
qui n’aiment pas les rêves étanches

Epilogue:
(ceux qui n’aiment pas l’odeur du pain grillé le matin sont insensibles)

comment 1

STADTRUNDFAHRT #5

those red oysters on my knees

La tête pliée en quatre dans la poche de mon anorak
Et quelques cheveux dans la bouche
Le vélo sous les pieds a le même effet qu’une fenêtre ouverte sur l’autoroute
Les tympans claquent et les yeux fusent
La bouche reste figée et ma poitrine se retrousse
C’est ça, c’est ici, j’ai envie de continuer
Pédaler sur le goudron bouillant
J’ai l’humeur aqueuse et les larmes aux yeux
Le corps est si humide et les poumons gouttent
il n’est pas l’heure encore de s’essorer.
La chute sens l’air chaud après un vent d’orage
mais qu’importe
mes genoux s’éclatent contre le sol
Et laissent place à de petites huîtres écarlates qui sècheront dans quelques jours
Les genoux ouverts mais le pied ballant
Je me laisse fuser sur un sol glissant
il me faut de nouvelles déchirures sur mon pantalon.

Epilogue:
(plus aucun bras pour me retenir)
(presque plus de dents pour sourire)

comment 0

STADTRUNDFAHRT #4

« Mais la vie est un long fleuve quand même »

Entre deux averses
La tête sous l’eau mais le coeur sec
Les doigts humides
Le cou gonflé
Le ventre mou et mes pieds longs
Je regarde les bus qui passent
Et emmènent avec eux
Des flots de petites âmes
Boulversées
Par ces orages interminables qui ne laisseront
Jamais place
à la douceur d’une douleur invitée.