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HORS SERIE D’ETE #2

(please read this with the saddest song about sunshine that you know and try to imagine how your body is floating across the waviest ocean that lives on earth and beyond )

DE LA NUDITE D’UNE TARTINE D’ETE

Comme si Ă  travers la feuille des arbres
l’ombre habitait son visage
Et que sous un sable un peu trop cuit
  son dos craquelait sur un grain sec
  qui lui griffe la colonne
Et ça lui fait l’effet d’une main pinçante
  qui tire la peau
  mais douce aussi, grĂące Ă  sa bouche,
  Abricot

La planitude d’une tranche de pain
   un peu chaude 

Recouverte de miettes
terriblement cĂŽtes Ă  cĂŽtes
engluĂ©es d’une sueur froide
  pĂȘche abricot

C’est l’étĂ©.



Je suis sur un par terre
Une terre,
Un seuil
Un corps qui sépare
embarcadÚre de départ
qui dépouille mes poches que je retourne
    une part de tarte
    et quelques miettes

C’est l’étĂ© 

une paupiĂšre se ferme
un poisson chante
sans que je sache ma peau se délisse
sa main se glisse
sur une petite poche qui contient
le musc le gingembre
   lĂ  entre mes poitrines
   lĂ  oĂč l’étĂ© siffle nos lĂšvres
Les doigts s’effilent 

un peu,   

le temps que le ponton creuse une souche
à l’arbre de notre fuite.

Un bout d’eau froide
tñche ma robe d’une seule larme
la gĂȘne de voir un dĂ©part partagĂ©
  Potager aromatique
  d’une mer cĂ©leste vers cette autre rive cachĂ©e
  La vague est calme, 
pourtant le sable est chaud

Le bruit d’un sol qui grouille s’est tue
pour le moment

Tartines sablées enlacées
une confiture de fleur
qui sépare ses pétales
comme on tirerai la langue d’une tige
timide
jusqu’à ce qu’elle se dĂ©tache
Un habit froissé  contre mon dos
Comme on laisse une chemise en triangle
 sur une chaise
le soir déjà trop tard.

La confiture chaude a coulé
Une petite tùche sur une enveloppe déserte
  d’une lettre sans nom qui ressemble plutît
À un mot laissĂ© sur le ventre rond d’une table en bois
quelque part entre la cuisine et le seau d’au revoir

Le cou se serre
et sa voix part
Le tremblement des corps
ne dĂ©mĂȘlera plus les voiles tissĂ©es qui soufflent seule
Et font voler un cheveux sauge
À l’angle de ce qui nous attend.
LĂ ,
sur un point de ton visage
sur le point mauve
de la confiture encore chaude une petite
brise
calme laisse une empreinte
sur l’encreur de nos bouches 

ce petit bout de texte a Ă©tĂ© lu lors de la LesebĂŒhne du RĂ©seau des Autrices Francophones de Berlin,
le 08 juillet 2022. Il faisait chaud et il pleuvait aussi, un peu des deux.

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