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WETTERBERICHT #19

sĂšve matinale

Entre quelques murs
et sous le tapis de sol
collé au fond de mon coeur
Le rouleau tapisse ma place
d’une douceur printaniĂšre

Amer

qui me laisse le goĂ»t Ăąpre d’une fleur
La tige coincée entre une ou deux
dents
Je lime la racine saisonniĂšre
comme je mords dans nos mùtinées

Aimante
c’est sans plus aucuns pĂ©tales
que je sĂšme
Le pollen étouffant
Contre le tapis sourd
qui colle Ă  nos peaux.

Le printemps transpire dans sa froideur
tout ce qui fera pousser au coin de ma lĂšvre
une petit feuille
qui roule encore pĂąle sur elle mĂȘme
c’est fragile pourtant c’est la place du
Mot.

Alors d’un coup de langue
je cueille ma peau
Et je laisse se développer
La petite pousse sous les os
qui pousse et annonce
que ce printemps sera le dernier été
parce que la chlorophylle sĂšche plus vite
quand tu tranches ma cime
à coup de souffle coupé.

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WETTERBERICHT #18

sans titre

j’Ă©cris quelques lignes
qui lissent mon encre
comme si une petite

pluie

venait entourer nos yeux fins
entre les cils, quelque part
oĂč l’on aime pas vraiment
que ça coule
pourtant

La larme ne se trompe jamais
quand les nuages sont
pluvieux.

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WETTERBERICHT #17

ecken und kanten

comme si
un grain de poivre vert
en venait
à étouffer
quelques de mes pleurs
un peu
La gorge sĂšche
un peu
et la tristesse et la tristesse

Un bout de page
Fait un coin
quelque part en haut de ma tĂȘte
et s’arrĂȘte pour diluer
une pensĂ©e Ă  l’eau froide

Et dans un carnet un peu triste,
tous ces petits carreaux
Anglent
Tes lĂšvres sur les nĂŽtres.

Epilogue:
(ĂȘtre sous une averse, seule avec toi autour)

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WETTERBERICHT #16 TEIL 2

when we fall (2/2)

une fuite sans nom
qui souligne nos regards
comme une flaque seule
percée au fond de ta baignoire

et je goûte
Tes envies qui sont les miennes
parce que sur un toit ou sur un autre
tous les mĂȘmes ciels se mĂ©langent

C’est
un peu
comme ci
des fois
Les tuiles s’adoucissaient
Quand on glisse l’un sur l’autre 

Et que depuis hier la pluie était déjà sÚche
avant mĂȘme d’ĂȘtre tombĂ©e 

Epilogue:
(toi) (
) (
) 

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WETTERBERICHT #16 TEIL 1

when we fall (1/2)

On ne choisi pas
de tomber d’un ciel ou d’un autre
de glisser tĂȘte baissĂ©e 

À travers les poches trouĂ©es des autres 

On ne choisi plus
de quel cÎté la chute
raccommodera nos pantalons
tant qu’il pleut tant qu’il pleure
finalement d’un mur à l’autre
les coudes qui se rayent 

C’est plus trùs long

Et si mon visage craquelle le bitume
s’abandonne seul au par terre froid
C’est que sous mes joues presque griffĂ©es 

une petite peau morte 

toute

petite 

ne se console pas

Epilogue:
(Depuis hier, la pluie est dĂ©jĂ  sĂšche avant mĂȘme d’ĂȘtre tombĂ©e) 

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INVENTAIRE #7

épaisse pommade

ça pousse et ça s’Ă©lĂšve
ça nettoie et ça nourrit

sous un ongle
coincé
ce sourire desséché

sous une paupiĂšre
enlacée par ma larme pelée

Un pleur s’Ă©paissi
grandi puis s’affaisse
se coule et se suffit
Alors un autre le rejoint
Une larme épaisse
Un poignet serré
Une morsure humide qui sĂšche

Mais sous une ombre cachée
une pommade qui passe sa main
gelée
sous ma poitrine enflée

épilogue:
(la peau d’un ventre reste souvent ensoleillĂ©e
celle du dos on pourrait y tailler un sac)

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WETTERBERICHT #15

peau neuve

il n’y a pas de mots
pour dĂ©crire cette sensation que j’ai
comme un sol brouillĂ© sous l’Ă©piderme
La larme qui panse les brouillards
victime des derniĂšres pluies

Il y a quelques feuilles mortes
qui crachent quand on leur marche dessus

Mais moi ce qui m’importe c’est cette vague de douleur
quand je traverse cette mue.

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WETTERBERICHT #14

sans titre

J’Ă©cris une premiĂšre page pour toi,
pour que l’angoisse
de la blancheur
se tĂąche
Dans mes mots
pressés à nouveau
dans tes bras pansés
de nos blessures.
Comme si toi et moi
Nous n’avions vraiment plus
peur
Des ponctuations
qui ne feront que dessiner
un court silence

Entre ces phrases qui nous caressent
Et ces lignes qui nous dessinent

Une langue Ă  nous
que seules nos dents nues
sauront écouter.

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HORS SERIE D’ETE #2

RÜCKFAHRT VON DIESER KLEINEN INSEL DA AN DER OSTSEE

Ich erlebe die ewige Jugend des Moments. 
Die ewige Jugend dieses Moments
kurzem und zerbrechlichen Moments 

ein Moment 
der sich selbst zerbrechen kann wie ein Stöckchen 
der zwischen meinen Fingern bricht. 

verschwommen 

Zwischen heruntergelassen Fenstern 
von zu schnell fahrenden Autos 
bleibt mein Kopf stecken. 

Gib mir Luft, Wellen und ein Schiff ich muss 
gegen den Strom deiner Lust segeln.

Ich habe mir doch noch ein paar regnerische Tage gewĂŒnscht 
nackt,
Wie jede Sekunde die mich von dir entfernt 

Mein Herz bleibt schön in meinem Anorak in vier Teile gefaltet 
ich laufe und laufe 
verschwommen 
ich laufe und laufe 
und denke an dich 

In der anderen Tasche klebt meine Hand 
Und es fließt schon wieder 

Meine nackte Wange 
Dieser Moment 
Wie heruntergelassene Sekunden
zwischen unserer zu schnellfahrenden Lust 
Dieser Moment fließt schon wieder 
wieder
ich laufe und laufe 
verschwommen 
ich laufe und laufe 

Dieser Moment klebt in meiner gefalteten Hand 
Wie dieser Syltersoßefleck 
Auf deinem zerbrechlichen Anorak.

Ce poĂšme es paru dans la derniĂšre Ă©dition de Heckmag Magazine. Vous trouverez l’article complet, Ă©galement traduit en français juste ici:
https://heckmag.com/2021/10/18/retour-de-cette-petite-ile-sur-la-baltique/

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WETTERBERICHT #13

rustine pour flaque usée

Si les flaques sont transparentes,
C’est qu’il y a le sol de l’autre cĂŽtĂ©
et sous cette vague
morte et collante
je me suis assise quelques minutes pour respirer.
Il y a l’eau froide
qui gonfle mes poumons
Et quelques feuilles mortes
qui viennent caresser
mon regard qui n’a mĂȘme plus pleurĂ©

Alors j’attends
que les gouttes s’Ă©gouttent
et que mon pantalon sĂšche,
Mais sous le tissus gelé,
Mes jambes essorent un corps épuisé

Puise, puise
Toute la forme rare d’un pleur
au fond de ta poche trouée
Car la peur n’oubliera pas un instant comment te faire transpirer

Les flaques lavent les fiĂšvres
pourtant mes lĂšvres sĂšchent ta voix
Il y a de l’eau qui me glisse des doigts.
Quelques feuilles mortes mordent mon pouls
Quelques feuilles mortes déchirent mon cou
Je me suis noyée un instant,
le temps d’une courte angoisse
Et grĂące Ă  mes rages blanches
Je troublerai un jour la transparence d’une flaque.

Epilogue:
Les semelles Ă©tanches n’empĂȘchent pas les yeux inondĂ©s.