comment 0

INVENTAIRE #6

changement d’écorce

Les murs sont dépeints
les couleurs sont parties.
Il y a le reflet d’un miroir
Derrière toi.
Alors j’encadre
tous les portraits tirés
par un cheveux
Et j’irrite
Mes doigts secs
aussi secs que le mur
Et froids
Comme quand on se colle la joue
pour entendre le gros oeuf
De l’autre côté
La chaleur est à mourir
Alors je perce
une couche de plâtre
Avec ma dent sciée
En deux de ne plus te voir.

Epilogue:
(Dehors je suis muette mais dedans ça me fait l’effet d’une craie sur un tableau)

comment 0

WETTERBERICHT #12

cuisson en atmosphère combinée

il y a des soirs comme ce soir
où l’on ne sent plus ses doigts passer à travers l’air
et tout ce qu’on inspire par le nez
se change en eau chaude
qui faire cuire les poumons

comment 0

WETTERBERICHT #11

Wasserschaden

Sehnsucht nach Wasser
Das unbewusst in mir seine Quelle findet
wasser
Dass manchmal zu Nah an mir
vorbeifließt
Und die Schiffe nehmen keine Rücksicht mehr
auf meine Seitenflügel
Ich lasse sie laufen
Langsam,
Im Gegenstrom meines Anlaufs
Kein Stein stolpert gegen uns
Der Weg ist befreit
Die Umleitung ist umgeleitet
Doch ich wusste es schon
« Der Weg zu Zweit ist halb so lang »
Doch der Weg allein ist nicht so schmal
Und es klopft in meiner Brust und es ruft
in meine Lust
Ich halte mich fest
Das Leben ist doch ein Fest

Meine Fische sind befreit und sinken
hinter meine Wellen
Und es schubst sich in mir.
Zu Nah am Wasser gebaut
Zu stark klar für deine Augen
Ich reiße den letzte Stück Tapete.
Zwischen deine kleine Hände
bluten meine Fische, du hast sie getötet
Mein Herz halb geröstet
brennt hinter meine Schuppen

Gestern war ich stark
Heute bin ich Stumm

comment 0

HORS SERIE D’ETE #1

some words for a delayed shoegazy song

There are two people sitting in a broken car
willing to say I’m in love with you
She opens the door to sip a bit of air
fills her lungs with cold and emptiness
There are two people sitting in this very broken car
who just said I’m in love with you
and tears are filling there lungs with kindness to
She’s biting her arm to shut down the emptiness

There are two girls kissing under the redness
of a traffic light
And she’s biting the emptiness in her arm
A guy is riding his bike with a fearless monster mask

But tears won’t wash out the rainy sunshine on her spotless mind

There are two people crying in a broken car
and fears won’t wash away a kiss under a traffic light
and
behind the seat there is a melting candy bar

(c)sohoscope
comment 0

STADTRUNDFAHRT #6

laid caillé

une écaille de pensée caille
le lait qui couvre mes envies

ce n’est plus la gorge nouée que je crie
ni avec les poings serrés que j’avance
sur un sable humide.
L’ombre de la pluie cache chaque pas sec

un jour plus qu’une morsure saura m’écouter
plus qu’un pincement pour semer
une vie
de voile, de vague et de petite plante que l’on posera
sur le rebord d’une fenêtre sans vitres.

Epilogue I:
pas tous les courants d’air font mal à la gorge

Epilogue II:
une conjonctivite ne s’attrape pas uniquement dans un wagon climatisé

comment 0

WETTERBERICHT #9

WUNDE(R)

Tout doucement le long de ma peau,
Quelque part sous chaque bouche d’épiderme
Se faufile ma douleur.

Elle gratte et se surfile elle se bat
Quelque part sous ma peau
Par ici
Elle sonne à la porte
poliment, comme on le lui a appris.
Une fois, puis plusieurs fois, ça ne répond pas
Alors elle se souvient de la clé dissimulée sous le paillasson
ou dans un pot de terre je ne me souviens plus

Quelque part dans ce pot, à l’abris de la chaleur
Là où l’on attend sagement,
Se cache ma douleur
Elle s’apprête à rentrer, elle a trouvé la clé
Elle rentre
C’est de ma faute j’aurais dû mieux la planquer
L’avaler peut-être comme on avale ses dents
et que l’on mâche ses syllabes,
Qu’on mange son chaos et qu’après on se sent minable.
Mais c’était sous son nez
Comme une vague de vent iodé
Comme une chaussure délacée

Et elle appuie appuie appuie si fort
Là où ça fait mal

Et elle appuie appuie
ici
et ça me coince
l’envie de respirer

Et elle appuie
une nouvelle fois
comme pour remuer la plaie


ne plus me laisser cracher

et ça me laisse un goût de glaire

tout au fond de la poche.

comment 0

WETTERBERICHT #9

POCHES D’ISOLATION

J’ai jamais cherché
les miettes plus loin que le bout de mon nez
Jamais troué mes poches dans l’attente que tu viennes éveiller
Mes soupçons
Qui basculent à l’intérieur de mon sac.
Je prends mes jambes à ton cou
Prends la fuite là où il fait doux,
J’éclate le silence derrière ta tête
Comme on claque une mouche coincée entre les carreaux d’une maison de campagne

Sauf que là-bas l’herbe sent le chaud,
Ici l’herbe ne sent pas

La terre est sèche
Et ma peau craquelle sous tes pieds
Mon ventre gronde l’insolence oubliée
J’ai peur de tout lasser
J’ai jamais cherché le désastre plus loin que le bout de ton nez

Capitale de la lenteur

Toujours troué à coup de pioche mes envies condamnées
Alors je vide mes poches sous vos regards cousus.